Question de valeur

Les lombrics se reproduisent tout seuls, pourquoi les vendre ?

«Genre t’as bossé dur pour les élever» ou encore «Les frais de port, d’accord, mais les vers et la terre…» Ces remarques reviennent parfois quand quelqu’un propose des lombrics à la vente. Après tout, ils se reproduisent tout seuls. C’est vrai, mais entre quelques vers dans un bac et un lot prêt à partir, il y a du temps et de l’attention.

Les abeilles aussi travaillent toutes seules

Ce sont les abeilles qui font le miel, et les poules qui pondent les œufs. Pourtant, on comprend qu’un pot de miel ou une boîte d’œufs ait un prix : quelqu’un s’occupe des animaux, leur consacre de l’espace et récolte ce qu’ils produisent.

C’est pareil pour quelqu’un qui vend les pommes de son jardin : il ne fabrique pas chaque pomme à la main. L’arbre produit naturellement, mais récolter les fruits, les trier et les préparer prend du temps. Il peut choisir d’en donner une partie et d’en vendre une autre. Le fait que la nature fasse une partie du travail ne rend pas le reste gratuit.

Pour les lombrics, l’idée est la même. Leur reproduction est naturelle ; maintenir une colonie en bonne santé et préparer régulièrement des lots à partager demande un peu plus que de les laisser faire.

Ce que l’on paie vraiment

Le prix rémunère surtout le travail autour des lombrics, bien avant la préparation du colis :

  • Garder un cheptel disponible, avec assez de place pour qu’il se développe et permette des prélèvements réguliers.
  • Apporter une alimentation adaptée et suivre l’humidité, l’aération et la température des bacs.
  • Préparer un mélange bien dosé, avec des lombrics en quantité utile et un substrat humide prêt à voyager puis à être installé.
  • Préparer un support humide et aéré, conditionner les lombrics avec soin et organiser l’expédition.

Préparer un colis une fois, ça peut sembler peu de chose. Le faire souvent, tout en entretenant un cheptel plus grand, finit par représenter du travail. Même à petite échelle, cette attention artisanale a une valeur.

Du temps passé, et du temps gagné

On peut tout à fait démarrer avec un petit cheptel donné par un voisin et le laisser se multiplier. Il faut alors être patient et adapter les apports à cette petite population. Acheter un lot déjà constitué permet de disposer de davantage de lombrics dès le départ. On paie aussi ce temps gagné, même si le lombricomposteur aura toujours besoin de démarrer progressivement.

Donner et vendre peuvent très bien cohabiter

Donner une poignée de lombrics pour aider quelqu’un à se lancer, c’est une belle façon de transmettre la pratique. Cela n’empêche pas de vendre des lots plus importants ou d’en expédier régulièrement en faisant payer le travail que cela demande.

On peut faire les deux, selon ses disponibilités et la taille de sa colonie. L’essentiel est d’être clair sur ce que l’on propose : la quantité de lombrics, les conditions d’envoi et le prix. Chacun peut alors choisir ce qui lui convient.